La voie du zen dans la calligraphie japonaise

et pourquoi la méditation est importante dans cet art

Le lien entre le zen et la calligraphie n'a pas pour but le dessin académique des idéogrammes. Au lieu de cela, il vise à capturer l'énergie du calligraphe.

Calligraphie japonaise : la voie du zen

La calligraphie japonaise est fortement influencée par le zen. Si apprendre les bases de l'écriture japonaise est nécessaire pour espérer peindre des calligraphies, il ne faut pas sous-estimer la respiration et la posture.

Finalement, le Zen et la philosophie de la calligraphie ont bien plus de points en commun que de différences. C'est la raison pour laquelle la pratique du Zen utilise la voie de la calligraphie (shodo) comme un véhicule pour puiser dans l'essence de notre humanité pour nous révéler.

Puisez dans votre coeur

Ce n'est pas par hasard que le mot KOKORO, qui signifie "cœur", est l'un des kanji les plus couramment peint. Dans la pratique de la calligraphie et du Zen, c'est tout d'abord votre cœur qui travaille. C'est l'ingrédient principal sans lequel ce que vous ferez n'aura pas de saveur.

Sans le cœur, la calligraphie est fade et médiocre. Le zen sans cœur est une punition pour le corps. Pratiquer la calligraphie sans le coeur, ce n'est ni plus ni moins que de verser de l'encre sur du papier.

Maitriser sa respiration pour un geste parfait

La première technique de méditation que vous apprenez est de prendre conscience de votre respiration. La respiration est l'essence même de la vie, et dans la méditation on concentre notre force et notre esprit sur chaque respiration.

Dans la calligraphie japonaise, votre respiration se concentre dans votre abdomen. L'énergie qui y est créée est ensuite projetée sur le pinceau. Chaque respiration est reliée à chaque mouvement. Les grands coups de pinceau sont le résultat de longues et profondes exhalations.

L'absence de pensée, le paradoxe du zen et de la calligraphie japonaise

Le but de la méditation zen n'est pas de vider votre esprit de pensées, mais de réaliser qu'il n'y a pas d'esprit et donc pas de pensées. Pour créer une calligraphie qui est un produit de cet état d'absence d'esprit, il faut lâcher complètement le désir de produire quoi que ce soit. Cette liberté va puiser dans l'absence d'esprit et produire une calligraphie pure qui est le reflet du cœur de l'artiste.

C'est très difficile lorsqu'il s'agit de dessiner dans le style Kaisho, ou le script de bloc. Le Kaisho est par nature rigide et précis, et c'est ce qui le rend beau. Pour y arriver, il faut lâcher le désir de brosser un Kaisho parfait. C'est alors qu'un Kanji vraiment beau émerge.

La voie de l'écriture japonaise et l'illusion de la méditation

Certains pensent que la méditation est une activité détendue, que l'on pratique en contemplant la vue imprenable sur un océan. C'est risible. La méditation est difficile.

Vous devez vous attendre à ne plus croire à ces illusions, mais également de vous préparer au doute, à la colère et la frustration. Le moment où vous essayez de peindre un kanji pour la première fois, vous réalisez que cela prendra du temps et des efforts.

Le moment où vous devez dessiner un kanji détruira toute illusion que, parce que vous avez acheté un joli pinceau, vous dessinerez une calligraphie étonnante. Surmonter ces luttes sera le chemin pour couper ces illusions et se réveiller à la réalité : la vie est un dur labeur.

La rigidité de la pratique est le chemin de la libération. Les bases de la calligraphie japonaise sont strictes. Le style Kaisho consiste à apprendre à peindre les kanji avec précision. Pas de marge de manœuvre. Cependant, les compétences acquises en maîtrisant la rigidité du Kaisho est ce qu'il faut pour brosser le style cursif plus détendu de la calligraphie zen.