Les différentes catégories de calligraphie japonaise

et comment les artistes vont vers des styles de plus en plus modernes

La modernisation qui a suivi la défaite du Japon à la fin de la seconde guerre mondiale, a marqué le début d'une nouvelle ère pour la calligraphie japonaise. De nouvelles formes d'écriture ont été recherchées pour remplacer les styles qui semblaient dépassés, et les genres modernes ont été les premiers à se succéder rapidement.

Calligraphie japonaise : des styles traditionnels et modernes

Le japonais était à l'origine écrit au pinceau et à l'encre, et comme les premiers objets d'écriture étaient la poésie et les écritures bouddhistes. L'élégance du travail au pinceau dans différents styles est devenue une préoccupation majeure. Les hommes et les femmes qui étaient particulièrement doués pour l'écriture en sont venus à être connus sous le nom de shoka, shodoka, ou calligraphes, la calligraphie japonaise s'est développée en une forme d'art à part entière.

Kanji : Les caractères chinois

A l'origine, les premiers pictogrammes chinois ont été gravés sur des os d'animaux. Puis tout un ensemble a été créé, et a servi par exemple à écrire des poésies.

Ils sont arrivés au Japon en même temps que le bouddhisme car ils servaient à écrire les textes sacrés, les sutras. Encore de nos jours, les artistes reproduisent avec talent des textes vieux de plusieurs milliers d'années, en conservant les anciens styles d'écriture chinoise.

Suivant les oeuvres et le désir du calligraphe, les kanji peuvent cependant être tracés dans différents styles d'écriture : cursive, semi-cursive, etc.

Calligraphie dans un style de purs kanji

Kana : les syllabaires japonais

Les Hiragana et Katakana forment ce que l'on appellent les kanas. Il s'agit d'un syllabaire qui a été créé à partir de simplification de la forme de certains kanji. Les kanas ne sont donc pas des idéogrammes qui véhiculent une idée mais sont uniquement utilisés pour leur son.

Les kanas étaient à l'origine utilisés par les femmes, et sont toujours particulièrement populaire parmi les femmes d'aujourd'hui pour la calligraphie. Ils sont surtout utilisés pour l'écriture de poèmes ou de Haiku.

Poèmes en calligraphie kana

Kindai shibunsho : les poèmes modernes

Traditionnellement les calligraphes reproduisaient des textes écrits uniquement en kanji. Mais la complexité de ce système d'écriture le rendait parfois difficile à lire pour certaines personnes.

Le Kindai shibunsho est donc un style calligraphique qui a vu le jour dans les années 1950 et qui utilise un mélange de kanji pour couramment utilisés et de kana. On l'utilise pour écrire de la poésie moderne ou des mots et des phrases de sagesse. Il est également apprécié pour de la poésie haïku et de la poésie traduite à partir de langues étrangères.

Calligraphie mélangeant kana et kanji

Daijisho : les grands caractères

Il s'agit d'écrire un ou deux kanji seuls. Le but est plus de créer un tableau avec un élément pictural fort, plutôt que de s'attacher à la signification des kanji en eux même.

Pour cela, le calligraphe va jouer sur les mouvements et le rythme, les épaisseurs des traits de calligraphie. Ce type de calligraphie est ainsi accessible au plus grand nombre qui peut apprécier la puissance évocatrice du kanji sans pourtant savoir le déchiffrer.

Calligraphie avec de gros caractères impactants

Zen eisho : la calligraphie d'avant-garde

Ce style a été développé en même temps que les nouveaux mouvements de l'art japonais, vers les années 1950. Il va au-delà de la simple écriture et est plus proche de l'art. L'artiste se libère totalement des règles conventionnelles et exprime pleinement sa liberté d'expression. Il s'attache plus aux formes qu'aux caractères eux mêmes.

Ce travail le travail au pinceau ou avec des outils moins conventionnels a influencé l'art abstrait en Occident. La calligraphie n'existe plus en tant que vecteur de communication mais uniquement en tant qu'œuvre d'art à part entière.

Calligraphie japonaiss avant-gardiste

Tenkoku : la gravure sur sceau

À l'origine, les sceaux étaient utilisés en Chine pour estampiller des documents avec le nom ou le poste d'un fonctionnaire, mais entre le 14e et le 19e siècle, la fabrication du sceau est devenue un art à part entière.

Les caractères chinois anciens sont gravés sur l'extrémité plate d'un bloc de pierre, qui peut avoir une surface de un à sept centimètres carrés. Dans ce cas, c'est l'empreinte laissée par le sceau sur la calligraphie qui constitue l’œuvre d'art.

Suivant le mode de gravure, les caractères peuvent être de couleur rouge vermillon sur fond blanc, ou bien en blanc avec le contour vermillon.

Sceau japonais Tenkoku